[Parution] Interview avec Jonathan Sterne "Du charivari au big data. Les musiques populaires au prisme des sound studies"

20 mai, 2017

[Parution] Interview avec Jonathan Sterne "Du charivari au big data. Les musiques populaires au prisme des sound studies" (avec Jedediah Sklower)

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Résumé 

Jonathan Sterne est professeur à l’université McGill à Montréal où il dirige la chaire « Technologie et culture ». Il est connu pour ses travaux sur l’histoire industrielle et les représentations culturelles du son, notamment un Sound Studies Reader et les ouvrages Une Histoire de la modernité sonore et MP3, the Meaning of a Format. Critique des théories réductrices du déterminisme technique et de l’innovation, son travail insiste sur la part des imaginaires scientifiques et des conditions sociales associées aux « techniques perceptives », à l’enregistrement et aux formats de compression sonores. Plus largement, il est le promoteur d’une pratique interdisciplinaire et d’une épistémologie qui tient compte des apports de chercheurs comme Michel Foucault, Stuart Hall ou Bruno Latour. Au sein des sound studies, il se soucie plus volontiers de mettre au jour les idéologies qui construisent le son et les savoirs de l’audition comme un domaine séparé, que d’instituer et de défendre l’autonomie d’un champ. Si les sound studies se sont construites par pas de côté vis-à-vis des recherches sur la musique, en étudiant les théories scientifiques et l’histoire des techniques du son, cet entretien reconnecte les apports des travaux de Sterne, et d’autres chercheurs proches, à l’étude des musiques populaires. Il fait apparaître les conditions d’une reprise féconde de leurs concepts et de leurs méthodes, sans nier les lignes de partage. Jonathan Sterne y présente une sensibilité à la musique qui puisse accueillir une politique du sonore.

"Ce que l'innovation fait de l'écriture" dans Effeuillage

07 avril, 2017

Les étudiants du CELSA éditent une revue d'analyse des médias, Effeuillage. Leur prochain numéro s'intéresse aux "Nouvelles écritures". Avec Pauline Chasseray-Peraldi, nous avions rédigé le compte-rendu d'une journée d'étude à ce sujet : Nouvelles écritures ? Ce que le numérique fait aux textes et aux images. A leur invitation, nous avons prolongé la réflexion en travaillant à partir de la page "360" de YouTube, en jetant un oeil à la diversité des vidéos présentées, dont les vidéos Daily 360 du New York Times. L'article en cours d'édition s'intitule Les vidéos « 360 » sur YouTube : ce que l'innovation fait de l’écriture. En voici l'introduction : 

Pour la sémiologie, qui s’intéresse à tous types d’organisations des signes, l’écriture se situe du côté de l’héritage plutôt que de la nouveauté. Que peut alors bien signifier une formule comme « nouvelles écritures » ? On peut faire l’hypothèse qu’il s’agit d’une manière, pour certains médias, de valoriser leurs savoirs et savoir-faire autour du récit audiovisuel, au moment même où ils s’emparent de technologies réputées innovantes. De ce point de vue, la question dépasse le recours à la formule : comment la nouveauté et l’innovation dans les formats audiovisuels sont-elles aujourd’hui mises en avant ? Quel rôle joue alors la référence à l’écriture et aux savoir-faire du récit audiovisuel ? Nous nous intéressons ici à la façon dont une série d’acteurs s’empare de la technologie de vue à 360° et dont celle-ci se trouve présentée sur YouTube. Un parcours sémiologique permet de repérer les rapports à l’écriture dans ce contexte particulier.

Théorie critique des musiques enregistrées - Communication & Langages n°184

19 juillet, 2016

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Depuis quelques années, certains chercheurs en SIC se sont efforcés de rappeler le rôle essentiel de la « raison critique » face aux objets culturels, en s’inspirant d’auteurs comme Theodor Adorno ou Walter Benjamin. Le projet d’une économie politique critique de la communication a produit une analyse des stratégies des acteurs en prenant en compte la recomposition des modèles économiques et des filières industrielles dans le secteur culturel en général et musical en particulier.

En dialogue avec ces logiques socio-économiques en SIC, ce dossier traite des musiques enregistrées, conçues comme des formes complexes, à la fois sonores, techniques et marchandes. Car les transformations récentes de l’industrie des musiques enregistrées réveillent l’héritage de la Théorie critique autant qu’elles le remettent en question. Peut-on encore parler aujourd'hui d’industrie culturelle face à une plateforme comme YouTube ? Pourquoi le concept d’ « aura » fait-il retour pour désigner des supports musicaux pourtant produits en masse (le vinyle ou le CD) ? Que signifie de nos jours la législation concernant les « droits d’auteurs » pour les modèles de valorisation symboliques et économiques de la musique ? Quel type d’auditeur est inscrit dans le format MP3 ? Face à tous ces aspects problématiques que cristallisent les musiques enregistrées, les outils hérités de la Théorie critique apparaissent encore opératoires. Ce dossier s’emploie à les réélaborer, les remettre en contexte et les confronter avec les écritures contemporaines de la culture musicale.

Dossier : « Théorie critique et musiques enregistrées »
Agnès Gayraud, Guillaume Heuguet, Gustavo Gomez-Mejia (dir.)

« Le mp3 comme artefact culturel »
Jonathan Sterne

« La flexibilité historique de l’aura : de Walter Benjamin à Radiohead »
Fernand Hörner

« L'industrie des auteurs : éléments d'une théorie critique de la propriété musicale »
Pierre-Carl Langlais

« De l'industrie musicale à la rhétorique du « service ». YouTube : une description critique »
Agnès Gayraud, Guillaume Heuguet

Commander sur le site de l'éditeur NecPlus.

[Parution] When Club Culture Goes Online. The Case of Boiler Room.

20 mai, 2016

[Parution] When Club Culture Goes Online. The Case of Boiler Room.

Contemporary media technologies are often perceived as providing an opportunity to widen the audiences of cultural events. Online video broadcast (“streaming”) formats seem to be especially promising for popular music events. This article analyzes the encounter between these club/rave culture and streaming technology through a dual event—both on-site and mediatized—run by a [relatively] new organization, Boiler Room. Video streaming seems to offer the promise of alleviating many obstacles to participation historically associated with underground culture, but in doing so it also threatens to undermine the specialist exclusivity that contributes to the community’s own sense of authenticity. This article is interested in how event organizers appropriate such technologies, adjusting them to club culture in order to develop online an original variant of the DJ experience. We aim to show how decisions regarding stage design, videography, and website development all contribute to building the social significance and specificity of an episode in club culture.

[Parution] Dossier "Théorie critique et musiques enregistrées"

20 mai, 2015

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[Parution] Théorie critique et musiques enregistrées (dossier)

Les musiques enregistrées font partie des formes les plus triviales de notre environnement culturel. Largement diffusée depuis près d’un siècle par l’industrie phono- graphique, voici la musique partagée d’un bout à l’autre du monde sur des réseaux plus ou moins officiels, numérisée, « micro-matérialisée » et collectionnée sur des logiciels de lecture. Le pari de ce dossier est d’interroger la situation contemporaine en s’inspirant de ceux qui, peut-être les premiers, se sont penchés sur cette situation particulière des arts reproductibles, de discuter, dès lors, à plusieurs générations de distance, avec la première Théorie critique, Theodor W. Adorno et Walter Benjamin notamment.

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